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Auteur/autrice : Leila Rihani
Terre, pierre, bois, cendre, écorce, boue, la main recueille la matière, compose avec elle, la pétrit, l’applique en aplats, la maîtrise.
De par leur agencement dans un même espace-corps, certaines toiles, que séparent pourtant des décennies, suggèrent paradoxalement l’illumination d’un instant vécu dans son perpétuel dynamisme.
Écrire à propos d’art et de culture, se lancer et lancer la rubrique à la veille du 4 août, est affaire de pénombre. Et c’est d’une main gantée de pénombre que j’écris ces quelques lignes autour d’une ville meurtrie, toujours morte, malgré toutes les apparences du contraire. Beyrouth est morte le 4 août 2020. Et nous sommes morts avec elle, nous tous, les « rescapés » de ce souffle indicible. Morts-vivants, nous continuons pourtant à danser, à danser sur les ombres de nous-mêmes, sur nos morts, sur le fil du rasoir. La même danse qu’avant. Pareils à une toupie relancée chaque fois…
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